De Jérôme Rothen à Jérôme L’Hautaine

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Qui a dit que les footballeurs avaient le melon ? Depuis quand le syndicat des millionnaires doit être proche des supporters et se montrer respectueux de son public ? Après Gainsbourg et Gainsbarre, voici Jérôme Rothen ou Jérôme L'Hautaine. Vous n'allez pas le croire : il ne vous a pas tout dit…

Quand on est un footballeur professionnel, qu'on s'appelle Jérôme Rothen ou un autre, on a des devoirs et des responsabilités. Certes, si le métier de footballeur consiste à taper dans un ballon, le sport business fait de cette profession un hobby bien plus sophistiqué. Payé plusieurs fois le SMIC, le footballeur est devenu un personnage public capable de faire gagner un match, remplir un stade, vendre des maillots, inciter le téléspectateur à souscrire un abonnement pour une chaîne de télévision payante, aider les grandes marques de l'agro-alimentaire à écouler leurs denrées ou permettre à un leader de l'information sportive de noircir du papier chaque jour… Bref, la profession de footballeur ne se limite pas à un rectangle vert. Faire rêver les enfants et lever les stades est une profession à part entière grassement payée.

Depuis un soir de juillet 1998, le football français est entré dans une ère nouvelle. Et, grâce à l'essor d'Internet, l'information circule à la vitesse de l'électricité. Tout se voit, tout se dit et tout se sait. Finie l'époque où le sportif jouait sur un terrain vague devant quelques nantis, des caméras diffusant en noir et blanc sans ralenti, une poignée de journalistes de la presse écrite abreuvant les journaux le lendemain de leur parole divine ou des commentateurs radio prêts à s'extasier pour un dribble vu au loin sans la possibilité de revoir la scène, hormis dans sa tête. Avec le numérique, le monde occidental est en mesure de voir un match en direct sur différents supports, de décortiquer l'action, d'analyser un match et de se forger sa propre opinion. Tout cela pour dire qu'il n'y a pas que les journalistes qui sont en mesure de critiquer un match ou de tacler verbalement un joueur passé au travers. Et, quand on est payé comme Jérôme Rothen (170.000 euros bruts par mois avant une rupture de contrat à « l'amiable »), il serait trop facile d'accepter uniquement les avantages pour délaisser les reproches et autres critiques négatives.

Car oui, quand on est footballeur, il arrive de se faire insulter par le public, d'être moqué sur les forums et de se prendre une mauvaise note le lendemain par L'Equipe. Le football est un jeu, le sport reste un spectacle de divertissement dans notre société de consommation. Si l'insulte gratuite et l'injustice sont bien évidement proscrites, il faut malgré tout savoir se montrer réceptifs face aux reproches. Quand on touche l'équivalent de 24.000 heures de temps de travail pour un smicard en un seul mois, il faut admettre que ce même smicard ait du mal à comprendre que l'on puisse viser le troisième poteau ou faire la toupie le long de la ligne de touche. A ce tarif-là, la moindre des politesses, c'est de faire le boulot proprement…

Elevé comme un chiffonnier au milieu des « caïds » de Roselyne Bachelot

Quand on s'appelle Jérôme Rothen, qu'on a grandi dans un quartier plutôt aisé de l'ouest parisien, au milieu des Hauts-de-Seine, on ne peut franchement pas se plaindre de son enfance. D'autant plus lorsque l'on reçoit une éducation de bonne facture grâce à une mère (Dominique), institutrice de profession. A la base, le petit Jérôme Rothen n'a pas les symptômes qui annoncent l'adulte arrogant et détesté sur toutes les pelouses de France. Pourtant, aujourd'hui, Jérôme Rothen ressemble davantage à Jérôme L'Hautaine qu'à David Beckham, contrairement à ce qu'il a pu fantasmer.

Plongé dans le monde du football dès son plus jeune âge grâce à son grand-père (Marcel), son père (Jean-Pierre) et son oncle (Patrick), il n'est pas certain d'embrassé une carrière professionnelle et sait que cela s'annonce difficile pour lui vu son petit gabarit. A force de travailler et à prendre des coups, il finit par améliorer sa conservation de balle et à délivrer des centres précis. Pour travailler ses gammes, Jérôme Rothen parvient à intégrer l'INF Clairefontaine, la machine à former les champions, et doit s'éloigner en semaine de sa famille alors qu'il a tout juste 13 ans. Là-bas, il côtoie sur les terrains des joueurs de la trempe de Thierry Henry et William Gallas, deux joueurs au talent sportif reconnu mais à la mentalité exécrable. Déjà entre le FC Versailles et l'INF Clairefontaine, Jérôme Rothen reconnaît de son propre aveu avoir « un caractère de merde » et est à deux doigts de s'embrouiller avec son entraîneur ou le président du club directement. Comment se fait-il que ces trois joueurs (Gallas, Henry et Rothen), qui ont pourtant réussi de belles choses professionnellement parlant, puissent à ce point se mettre tout le monde à dos ? A quel moment ont-ils décidé de basculer dans la catégorie des têtes à claques ? Parce que dans le fond, malgré tous les sacrifices passés, ils pourraient respirer la joie de vivre grâce à leur réussite, apprécier le moment présent et se montrer disponibles : ne sont-ils pas censés avoir tous les ingrédients du bonheur à portée de main ? Entre nous, on peut bien se l'avouer : quand on est scolarisé à l'INF Clairefontaine, dans la même classe que Thierry Henry et William Gallas, on traîne de lourdes carences éducatives qui, avec le temps, deviennent des circonstances atténuantes. Mais hélàs, on ne peut difficilement lui reprocher son manque de civisme et de courtoisies quand on a fait ses gammes au milieu des cancres de Knysna.

Une carrière lancée entre Caen et Troyes

Pour Jérôme Rothen, contrairement à de nombreux jeunes qui intègrent les centres de formation, le travail a fini par payer. Aidé par la chance (le talent ne fait pas tout), le jeune Rothen parvient à rejoindre le centre de formation du Stade Malherbe de Caen avec des visages familiers pour l'accompagner (Eric Sitruk et William Gallas). Si ses débuts sont difficiles puisqu'il doit jouer avec les amateurs en Division d'Honneur et qu'il peine financièrement à la fin du mois (heureusement qu'il a vite compris le système des fausses factures), il finit par décrocher dans la douleur son premier contrat professionnel. Sur les terrains, avec son physique gringalet, Jérôme Rothen prend des coups avant de finir par se faire remarquer par des clubs du haut niveau. Convoité en seconde division au milieu 2000, il finit par quitter la Normandie pour travailler sous les ordres d'Alain Perrin à Troyes. Mais que ce soit à Caen ou dans les alentours du Stade de l'Aube, Jérôme Rothen noue toujours des relations conflictuelles avec ses dirigeants et n'hésite pas à aller au clash pour partir à tout prix et avoir ce qu'il désire. L'histoire se répétera dans chacun de ses clubs, que ce soit à Troyes (Alain Perrin), Monaco (Didier Deschamps), Paris (Vahid Halilhodzic, Guy Lacombe et Sébastien Bazin) ou à Glasgow (Walter Smith). A un moment donné, il faut bien comprendre que si on a un problème avec tout le monde, le problème ne vient pas forcément des autres… Et puis, la modestie et la logique auraient dû faire comprendre à Jérôme Rothen de ne pas faire aux autres ce qu'il n'aimerait pas qu'on lui fasse. Quand il s'agit aussi de donner sa parole à de futurs collaborateurs ou autres intervenants professionnels, la moindre des corrections est de la respecter : Vahid Halilhodzic, alors entraîneur du LOSC, pourra le confirmer.

Un simple « non » m'aurait suffi…

Comble de l'arrogance, quand Jérôme L'Hautaine vient au Parc des Princes, ce n'est pas tant pour regarder un match du PSG mais davantage pour se faire mousser dans les coursives et les salons. Jeudi 24 février 2011, lors de PSG-Borisov (0-0), au moment de célébrer le 150e match européen du club de la capitale, un blondinet aux traits familiers se fait accoster par une petite foule pseudo-bourgeoise pour prendre des photos et lui adresser des mots d'encouragements. Oublié depuis son départ poussé du PSG, l'ex-Parisien se prête volontiers au jeu des supporters. Mais quand il s'agit de revenir plus en détails sur sa situation personnelle, sans la moindre arrière-pensée, le natif de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) retrouve son ton dédaigneux, comme à la grande époque. « Je ne ferai aucun commentaire. Encore moins pour AllPSG. Je t'emmerde toi et ton site de merde » prévient le blondinet sans aller plus loin dans les explications et le fond de sa pensée. Surpris, je ne me donne même pas la peine de rentrer dans le dialogue pour essayer de me justifier ou de le comprendre, il n'a pas le bagage intellectuel pour défendre ses propos. Jérôme Rothen ferait mieux de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler au lieu d'enchaîner les demi-tours sur le terrain.

Après réflexion, je me dis que j'ai sans doute tenu des propos maladroits sur le joueur. En vérifiant tous mes posts sur le forum ou au sein de la rédaction : la neutralité domine toutes mes approches (hormis cet édito). Certes, les propos tenus sur le forum ne sont pas tous à son avantage. Mais n'est-ce pas le principe de la démocratie ? Depuis quand il faut être supporter sans esprit critique sur la prestation de nos joueurs ? Si le regard extérieur pose problème, Jérôme Rothen peut très bien jouer au football dans des divisions amateures, il ne sera pas dérangé. Ou alors, il peut aussi conseiller à Robin Leproux d'imposer une énième charte dans un style très aseptisé « tu respecteras le maillot et les joueurs qui le portent« . Mais que faire des joueurs qui ne mouillent pas le dit maillot sur le terrain pendant 90 minutes ? Doit-on les priver de douches sous prétexte qu'ils ne se sont pas bougés ? Demander au club qu'il impose des malus de défaites ? Parce que oui, le respect n'est pas à sens unique non-plus…

Quel bel exemple de mépris

C'est un secret pour personne : Jérôme Rothen a une mère (Dominique) et une femme (Dorothée) avec qui il a deux enfants (Mattéo et Ambre). Comme nous vous l'avions dit auparavant, la mère de Jérôme Rothen fut une maîtresse d'école reconnue à Vanves (Hauts-de-Seine) et occupa les fonctions de directrice de l'école du Parc. Jusque là, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais un beau jour, Jérôme Rothen souhaita que ses enfants soient scolarisés dans l'école publique dirigée par sa maman. Comme il est domicilié à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), le meneur de jeu du PSG, par un incroyable coup de passe-passe, parvient à faire en sorte que ses enfants se retrouvent scolarisés dans une circonscription dont ils ne dépendent pas pour être au plus près de leur mamie Rothen.

Fort de ce premier jeu d'influence, le Parisien va même jusqu'à demander que l'accès à l'école se fasse par une autre porte. Pour ceux qui ne connaissent pas Vanves, c'est une ville divisée par de fortes pentes. L'école du Parc étant rattachée au parc, Jérôme Rothen fait changer l'accès à l'école pour des questions pratiques et de conforts. Pour déposer ses enfants en Ferrari, il souhaite éviter de frotter le dessous de sa voiture par les nombreux ralentisseurs présents sur le trajet et le dénivèlement de la ville abîme son dessous de caisse. Avec une mère directrice, sa requête n'est pas seulement entendue, elle est mise en place dans les plus brefs délais. Et puis c'est nettement plus glamour de traverser un parc public au volant d'une voiture de sport italienne. Voilà comme Jérôme Rothen profite de sa notoriété et de son petit statut d'international pour détourner les valeurs de l'école de la République à des fins personnelles. Car ce que semble avoir oublié Jérôme Rothen dans sa démarche et sa façon d'éduquer ses enfants : que l'on soit fils d'ouvrier, d'immigrés, de médecins ou de footballeurs, tous les enfants sont scolarisés de la même manière sans discriminations financières ou éthiques au sein de l'école de la République…

Monsieur le chômeur, vous êtes un zéro

Au départ, l'idée d'approcher Jérôme Rothen dans les travées du Parc des Princes n'avait pour unique but de prendre des nouvelles d'un joueur qui a toujours clamé son amour pour le club, qui a fait des sacrifices pour venir au PSG. Au final, l'histoire retiendra surtout que c'est le PSG qui a dû payer le prix fort pour s'en débarrasser (1,1M€) et le public parisien a sacrifié du temps et de l'argent pour le voir danser sur la pelouse de la Porte de Saint-Cloud. Parce que c'est bien beau de signer au PSG par la grande porte et de crier à qui veut l'entendre que c'est « le club de mon cœur« . Mais sportivement, Jérôme Rothen au PSG : c'est 180 matches joués (épargné par la concurrence) pour seulement 13 buts, une Coupe de France (2006) et une Coupe de la Ligue (2008). Il n'y a pas de quoi réserver un bus à impériale pour défiler sur la plus belle avenue du monde et célébrer ses six saisons parisiennes, surtout quand on sait qu'il a touché plus de 11M€ de salaires bruts durant cette période (hors primes) et qu'on cherche encore le retour sur investissement… Non-désiré lors du second passage de Luis Fernandez sur le banc du club de la capitale car « le costume du PSG est trop grand pour lui« , Jérôme Rothen n'avait, déjà pas à l'époque, accepté la critique. Le joueur qui parvenait, tant bien que mal, à faire les jours heureux de Troyes ne comprenait pas que l'on puisse remettre en cause son talent. Et pourtant, au moment où le joueur voit sa carrière être à son crépuscule, force est de constater que l'analyse de Luis Fernandez s'est finalement montrée prémonitoire et que plus aucun club, même de seconde zone, ne veut de lui…

Se pavaner sur les plateaux de télévision pour cracher dans la soupe et se faire décrire comme la victime, Jérôme Rothen en a fait une spécialité. A croire qu'il en prend même un malin plaisir. Démagogue devant les caméras, Jérôme Rothen sait trouver les mots pour faire briller le patriotisme parisien et faire vibrer les amoureux des Rouge et Bleu. Fanfaronner, il sait faire. Mais écrire, mettre des mots sur sa pensée : c'est un autre métier. Monsieur Jesaistout est tellement inculte que, même avec son Bac STT obtenu à l'arrache, il a besoin d'un nègre (Damien Degorre) pour narrer l'histoire de sa vie. C'est dommage que tout se finisse de cette manière, dire qu'en 2004 nous étions nombreux (moi le premier) à avoir acheté son maillot dans l'espoir de rêver… J'attends toujours.
 

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