NostAll’gie : Il y a 20 ans déjà…

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Le Paris Saint Germain s'apprête à livrer bataille contre le FC Barcelone et ses stars. L'occasion pour AllPanAme de revenir sur une page mémorable de l'histoire du club parisien contre un autre géant espagnol : Le Real Madrid. C'était il y a 20 ans…

 

1993-2013. Vingt années. Des joies. Des sacres. Quelques peines bien évidemment. 

 

Vingt années de foot en somme. 

 

Vingt années durant lesquelles le Paris Saint-Germain aura été de ces passions qui nous animent au quotidien. 

Vingt ans, ça ne nous rajeunit pas. Mais lorsqu’on puise à pleine mains dans nos souvenirs, les trésors qui y sont enfouis demeurent éternellement étincelants. Ils sont là. Presque intacts. Comme une empreinte. Comme un tatouage dont l’encre indélébile nous rappelle à tous qui nous sommes et pour qui nous vivons. 

C’était il y a vingt ans… 

 

Aujourd’hui nous pouvons de nouveau rêver. L’objectif des quarts de la Ligue des Champions est atteint. Nous allons de nouveau réécrire notre histoire et porter nos couleurs au sommet. 

Nous allons nous dresser, ensemble, pour atteindre un exploit inimaginable…. 

 

C’était il y a vingt ans… 

Ce quart de final de la coupe U.E.F.A. nous opposait au Real Madrid. La maison blanche. Une légende se dressait devant ce jeune Paris SG tout juste remis sur les rails du grandiose par un Canal Plus encore regardable. 

A cette époque la médiatisation était bien moindre que cette agitation tourbillonnante qui se déverse dans le quotidien de notre club sacré. 

Il n y avait que toi. Tes convictions, ta passion et cet instant du match. Autour il n y avait que des miettes. Juste cette attente qui nourrissait tes rêves démesurés. Et ce plaisir délectable de regarder ton club face à un monument du foot. 

 

Et le match aller, gagné à l’expérience par un Real si sur de lui, me rappela combien le chemin pour la victoire était tortueux. 

 

Deux buts, comme deux morsures brulantes. Sur des fautes de marquage consécutives à des corners rapidement joués. Deux banderilles tranchantes. Le grondement sourd de Santiago Bernabeu et les chants railleurs des Ultra Sur. Et pourtant rien ne m’ébranle et notre réduction du score me laisse entrevoir l’espérance. Un espoir encore dissimulé mais réellement accessible. 

Puis cette fin de match qui achève définitivement tes rêves de victoire. Une expulsion, celle de notre capitaine d’alors Alain Roche, un pénalty et un but. 

La messe était dite. 

 

Il fallait alors être seul. Seul avec son imagination. Ses rêves. Sa foi. Ses doutes et cette envie de revanche. Seul à attendre quinze jours longs comme une année, pour ce retour qui allait inscrire alors cette rencontre dans le marbre blanc de notre histoire. 

 

Deux buts à remonter. Face au grand Real qui plus est. Mais la croyance est l’apanage du supporter. Nous le savons tous. Et de surcroit, nous avions ces joueurs exceptionnels capables de transcender le jeu, cette âme et cette euphorie flamboyante qui pouvait nous mener à l’exploit. 

 

Et cette journée du 18 Mars à attendre. A ne penser qu’à ça. Les cours de mon lycée polyglotte me passèrent bien au dessus de la tête tant l’obsession était forte à ce moment là. 

De ce que je me souviens, cette journée avait été particulière. On sentait qu’il allait se passer un truc. C’était palpable. Canal Plus qui retransmettait la rencontre, avait multiplié les annonces et les décrochages en ce jour J. Histoire de rendre l’événement à la hauteur de nos attentes. Et de faire ce match, une date dans la légende du Paris Saint-Germain. 

Et aujourd’hui les quelques souvenirs intacts de cette rencontre étincelante bouillonnent encore dans mon sang parisien. 

 

Le Parc était remplit. Prêt pour vivre cet exploit retentissant. 

Hurlant lorsqu’un corner distillé par Valdo, fût coupé victorieusement par Georges Weah qui, d’une tête rageuse, catapulta le ballon au fond des filets de Buyo. Se dire ensuite qu’il suffisait d’un but. Un seul pour renverser le match. Un seul but pour chavirer dans l’ivresse. 

Et face à notre destin, le temps, bien évidemment. Et le Real merveilleusement organisé, qui nous contient. Qui nous fait déjouer. 

J’espérais un but. A chaque seconde… 

Un but 

Un seul… 

Il ne restait plus que dix minutes… Et cette résignation envahissante. 

Je voulais un but… 

 

Nous allions en avoir quatre. 

 

Car c’était bel et bien la folie qui allait s’emparer du dernier acte de cette pièce de théâtre ou se mêlait tour à tour la joie, la tragédie, la colère et l’explosion. 

 

Soudain tout s’accélère. Face à l’armada du Real, David Ginola, d’une volée lumineuse, transperça la nuit et la lucarne Madrilène. Une action splendide. 

 

Cet exploit nous le tenions enfin. Les cartes étaient redistribuées. Les secondes qui dansaient en nous échappant devinrent d’interminables séquences lourdes comme le plomb. Ce Real qui nous contenait, avec la tranquillité des grandes équipes à la froide expérience, explosait alors, crachant son feu ardant tel un volcan réveillé. 

 

Le troisième but de Valdo… On hurle, on saute dans tous les sens. A cet instant tout cela semblait irréel. Le rêve d’exploit était enfin là. Il nous tendait les bras à nous supporters. 

 

Mais au bout des bras de ce rêve sensationnel il y avait une fichue montre. Celle d’un arbitre qui jusque là avait réalisé un match correct. Et cette fichue montre semblait définitivement perdue dans les limbes du temps. 

Une, deux puis cinq minutes d’arrêts de jeu à une époque ou ces derniers étaient relativement courts. L’arbitre semblait vouloir battre le record insensé de Michel Vautrot et sa « troisième mi temps » de prolongation entre l’argentine et l’Italie au cours du Mondial 90… 

 

Un dernier centre du Real et un pied qui se jette… Comme un coup de poignard. Une froide injustice en somme. 

Je me souviens de mon abattement d’alors… Et de cette incompréhension générale lors de l’engagement Parisien… Visiblement, on continue encore de jouer… Qu’importe… Puisque ce n’était pas nous qui décidions du point final de cette histoire qui allait se transformer en légende. 

Un dernier coup franc pour Paris… 

 

Et ce but. Casque d’or. On ferme encore les yeux et on le revoit… Intact. L’illustre remplaçant d’Alain Roche, suspendu à juste titre, lève les bras dans le ciel de notre exploit. 

Nous sommes tous là à hurler et l’instant s’arrête. 

Pour nous. 

Pour ce but qui a transfiguré cette rencontre et qui aujourd’hui encore résonne encore dans nos têtes. 

 

Vingt années. Et c’est toujours aussi fort.

 

 

Article par Buscapé

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