Nostall’gie : « Plus qu’une qualification »

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Il y a 18 ans, le PSG jouait déjà sa qualification en demi finale de Ligue des Champions contre le FC Barcelone. Buscapé nous fait revivre ce match historique. Mémorable.

Ironie de l’histoire ou du sport, la dernière fois que nous avions joué un quart de final de Champion’s League, une éternité en somme, notre adversaire était déjà le FC Barcelone.
Un soir de fin d’hiver de 1995… Il y a dix huit ans donc…

Cette saison 94/95 Paris rayonne sur la scène européenne. Six matchs de poules. Six victoires. Paris impressionne. Malgré des difficultés relatives en championnat, car distancé par le FC Nantes, le PSG de Luis Fernandez pratiquait un jeu étincelant.

De ces rencontres je garderai le souvenir impérissable de la chevauché de Georges Weah au stade Olympique de Munich pour un but d’anthologie…

Après avoir terrassé par deux fois le grand Real, au cours de nos joutes européennes précédentes, c’était au tour de l’autre monstre sacré du football espagnol, de se dresser sur notre route.

En cette année, rencontrer le FC Barcelone, s’était se frotter à la moitié de la Roja, avec des joueurs comme Sergi, Ivan , Bakero, Guardiola, mais c’était également affronter des grands noms du foot européens, comme Koeman, Laudrup ou bien Hagi et surtout, le fantasque Bulgare, tout auréolé de son Ballon d’Or, Hristo Stoitchkov. Une équipe qui aura passé 91 buts à tout le championnat espagnol pour s’offrir le titre, et jouer la Ligue des Champions.
Mais cette attaque de feu se voit amputé, à partir de la trêve, de son veritable joyaux, le Brésilien Romàrio, parti fouler les terrains du Flamengo. Une aubaine au vu de son immense talent.

Quoi qu’on en dise, si le défi était de taille pour Paris, il l’était tout autant pour le FC Barcelone, car affronter le Paris Saint-Germain de cette époque revenait à jouer une des meilleures équipes du continent.
Et le résultat nul 1-1 du match aller, nous laissa bien entendu entrevoir la possibilité d’une qualification, à condition, bien entendu, de réaliser un grand match.

Ce Mercredi 15 mars 1995 se dressait face à nous Le Football Total. Celui là même qui vivait au travers de son entraineur Yohan Cruijff et sa conception héritée du grand Ajax des années 70 et de ce même Barcelone de Rinus Michels (Le grand alchimiste qui mît sur pied cette conception éblouissante du football).

De cette rencontre, on gardera le souvenir de ce jeu flamboyant pratiqués par deux équipes résolument offensives et prêtes à mourir avec leurs idées.
Car si le Barcelone de Johan Cruijff connaissait parfaitement les faiblesses de son adversaire du soir, il n’était aucunement question de jouer une quelconque partie d’échec. De même qu’il n’était pas question pour Luis Fernandez de fermer le jeu et de se contenter d’un nul pour franchir ce quart explosif.

Aussi Luis décide d’aligner, parmi les trois joueurs étrangers autorisés, Valdo, Weah et Raï. Ricardo revenant de blessure, était jugé trop juste.

Et c’est bel et bien un déluge de feu qui marque au fer rouge une première mi-temps splendide mais qui reste désespérément vierge au tableau d’affichage.

Et si sur un centre de Stoichkov, Beguiristain est tout prêt d’ouvrir le score, le PSG trouve quant à lui quatre fois le chemin des montants du gardien Barcelonais. Paris asphyxie littéralement son adversaire du soir dont le destin inéluctable est à cette heure encore protégé par sa bonne étoile. Et c’est un véritable récital qu’offrent les hommes de la capitale aux yeux de ses supporters.

David Ginola, insaisissable ce soir là, trouva par deux fois la barre transversale (ainsi qu’une troisième en seconde période…) Georges Weah et Raï expédièrent à leur tour deux têtes sur les montants.
Le Barça est littéralement dépassé et ses cadres secoués par le talent collectif du PSG.

Pourtant au retour des vestiaires, les catalans inversent la tendance. On se dit alors que Paris a peut être laissé passer sa chance. Et nos craintes se confirmèrent avec l’ouverture du score de Bakero à la 49e minute. La peña catalane exulte et la froideur s’abat dans le camp parisien.

Et pourtant, comme deux ans auparavant et ce quart de final mythique contre le Real de Madrid, la folie d’une soirée euphorique va de nouveau flirter avec l’équipe parisienne dans un dernier quart d’heure qui va emporter l’adversaire du soir.

Un corner coupé par Raï, sur la ligne des six mètres, remet les deux équipes à égalité parfaite sur l’ensemble des deux matchs.

Il reste alors sept minutes à jouer et au terme d’une action collective splendide, Vincent Guérin hérite du ballon au 30 mètres et, sans être attaqué, s’avance plein axe et décoche une frappe au ras du sol. Celle-ci semble écrasée mais elle est d’une précision redoutable et vient finalement se loger dans le petit filet d’un Busquets impuissant et propulse Paris au rang des demi finalistes.

Le parc exulte et le natif de Boulogne-Billancourt lève les bras au ciel, tel un enfant emporté par son bonheur. Une image qui reste encore dans toutes nos mémoires.
Barcelone est à genoux et ne reviendra jamais.

Dix huit ans après, nous allons aborder plus que jamais ce quart de final dans la peau d’un outsider face à la meilleure équipe de la planète. Lorsque nous foulerons la pelouse immense du Nou Camp, nous nous dresseront tous face à notre adversaire pour un exploit retentissant, pour réécrire enfin un nouveau chapitre de notre légende abandonnée.

Mes que un club…

Som i serem …

Qu’importe la beauté de leurs tifos gigantesques.

Nous sommes prêts.

 

Article par Buscapé

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