L’éclosion tardive de Maxwell

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Franky Sharp revient sur la période dorée que traverse Maxwell.

Une première sélection en équipe nationale est une chose rare et spéciale pour un joueur quand il passe la barre des trente ans. Mais quand il s’agit d’une première en équipe nationale du Brésil à quelques mois du coup d’envoi de la coupe de monde au Maracaña de Rio de Janeiro, c’est une sensation encore plus particulière. Après 14 saisons passées dans certains des plus grands clubs européens, la dernière convocation de Maxwell en équipe nationale est un message fort envoyé par Scolari et le signe que notre latéral gauche est à deux doigts de vivre une expérience unique. Une récompense amplement méritée pour un joueur dont le principal atout est sa régularité.

Malgré ses 12 titres remportés avec l’Ajax, L’inter, le Barca et le PSG, pas un seul sélectionneur Brésilien ne lui avait encore donné la chance de porter les couleurs jaunes et vertes mythique de l’équipe nationale. Il y avait bien eu une convocation en Octobre 2004 pour la campagne de qualification au mondial Allemand, mais il n’avait pas eu la chance d’entrer sur le terrain et depuis 9 ans n’avait jamais été réinvité a rejoindre le groupe Auriverde.

Le Brésil a une histoire riche de défenseurs latéraux aux qualités intrinsèques proches de celles que l’on demande aux ailiers. La vitesse, la percussion et la capacité à éliminer son vis-à-vis en un contre un sont les principaux atouts de la panoplie d’un latéral international brésilien. Sachant qu’aucun de ceux-ci ne correspondent à la description du jeu de Maxwell, ce n’est pas une surprise que même Michel Bastos ait été utilisé au poste de latéral gauche avant même que quelqu’un ne pense à Maxwell pour occuper ce rôle.

Maxwell est plutôt un joueur équipé pour occuper un poste de milieu relayeur. Il est intelligent, très endurant, lit à merveille les déplacements et intentions de passes adverses tout en étant calme avec le ballon et doté d’une technique de passe nettement supérieure à la moyenne qui permettent à une équipe de ressortir les ballons proprement et conserver la possession du ballon. Si l’on devait le comparer à des membres de l’effectif parisien actuel, il se rapprocherait nettement plus de Motta ou de Verratti que de Lucas ou Lavezzi.

Avec le retour de Scolari à la tête de la sélection brésilienne suite à une campagne olympique désastreuse sous la direction de Mano Menezes, le Brésil a priorisé la rigueur et la constance à l’excentricité et la créativité. Et si la dernière Coupe des Confédérations a démontré qu’il s’agissait de la bonne direction à suivre, certaines questions restaient encore sans réponse pour l’ancien sélectionneur vainqueur de la Coupe du Monde 2002, notamment sur le choix de l’homme qui allait pouvoir suppléer Marcelo au poste de latéral gauche. Le joueur madrilène sera sans aucun doute un des premiers noms sur la feuille de match lors du prochain tournoi estival, mais il n’en reste pas moins un joueur à fort tempérament. C’est pourquoi en cas de suspension ou de blessure, Scolari a cherché un joueur fiable capable de répondre aux exigences du poste.

Maxwell a joué avec Ibrahimovic dans chacun des 4 clubs ou il a évolué avec de nombreux titres à la clé

On attend toujours le premier mauvais match de Maxwell depuis son arrivée au PSG en provenance de Barcelone en Janvier 2012. Ayant disputé presque chaque match de championnat la saison passée et ayant été titulaire lors des 10 matchs de Ligue des Champions, Maxwell a pu démontrer sur la plus grande des scènes sa capacité constante à apporter un soutient offensif sans être pris à défaut sur son positionnement défensif. Il était même le choix de Zlatan Ibrahimovic comme joueur de la saison l’an passé, le géant Suédois louant sa capacité à « avoir un très haut niveau à chaque rencontre » mais aussi ses qualités humaines : « C’est le meilleur homme du monde, si vous voulez un nounours, vous avez Maxwell ».

C’est sans doute sa constance et son grand professionnalisme qui viennent avec l’expérience qui l’ont amené, à l’âge de 31 ans à goûter aux joies de la sélection. Auteur de bonnes performances avec 2 passes décisives en 3 matchs, il semble s’être imposé dans l’esprit de Scolari comme le second choix au poste de latéral gauche pour la sélection brésilienne. Une victoire pour celui qui était le remplaçant d’Adriano au Barça, son principal concurrent pour une des toutes dernières places disponibles dans l’effectif des quintuples champions du monde.

A l’âge de 31 ans, une inclusion dans le groupe brésilien qui prendra part à sa Coupe du Monde dans la capitale universelle du football serait une récompense tardive mais on ne peut plus méritée pour un homme qui redonne au football une fraîcheur et une authenticité qui est de plus en plus dure à trouver. « C’est une vraie surprise pour moi » disait il après sa première sélection contre la Suisse il y a un mois et demi. « Je ne m’y attendais pas du tout… J’essaie juste de profiter de chaque minute que j’ai en équipe nationale, sur et en dehors du terrain ». On ne peut que lui souhaiter de faire partie de l’aventure finale, une épopée dont il avait surement cessé de rêver il y a 9 ans, date de sa dernière convocation.

Par Franky Sharp

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