Blanc berne Benitez à Bernabeu

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Retour sur la victoire tactique de Blanc à Madrid.

Le constat est simple suite au match retour de Ligue des Champions contre le Real. Une domination outrageuse gachée par des erreurs de poussin dans nos buts et devant les leurs. Et pourtant, le jeu proposé par le PSG mardi fût probablement le meilleur que l’on ait vu de notre équipe depuis des lustres. Pour être franc, je ne sais pas si j’ai déjà vu le PSG effectuer 45 minutes du même niveau que celui affiché lors de la première mi-temps du match de mardi à Bernabeu.

Alors, au lieu de pleurer les pieds carrés de Cavani ou le récent CDD chef cuistot de Trapp chez Ikea, regardons un peu ce qui c’est bien passé (presque tout le reste) et sur quoi ce PSG doit construire. On notera une victoire tactique du technicien parisien sur ce match. Des idées qui semblent s’inspirer du PSG d’il y a quelques mois.

Un hybride 4-4-2 / 4-3-3

On a vu des similarités entre le PSG d’avant-hier et celui de la fin de saison 2014-2015, qui avait enchaîné 9 victoires sur ses 9 derniers matchs de championnat. La première d’entre elle est sur le schéma tactique proposé. Si le 4-3-3 offert en phase défensive est dense et rigide, il devient un peu plus souple en possession du ballon.

Les ailiers gardent leurs couloirs pour écarter au maximum le bloc et maximiser les angles de passes des premiers relanceurs (Motta – 104 passses, 96% réussies) . Puis, en contrôle du ballon dans le camp adverse, Cavani et Ibra partagent le front de l’attaque avec le 3eme ailier qui vient glisser entre les lignes adverses pour provoquer le chaos pendant que les latéraux couvrent l’intégralité des couloirs.

tactique 1
C’est le même schéma que l’on voyait avec Pastore en fin de saison dernière. Un schéma difficile à mettre en place quand Ibra décroche d’une ligne pour participer à la construction du jeu, mais particulièrement plaisant quand celui-ci reste dans un rôle de 9 comme hier.

C’est un schéma qui permet de sortir les ballons proprement et de faire monter le bloc équipe au complet avant d’appuyer sur l’accélérateur. Une tâche reservée aux créateurs les plus fous, aux mal-élevés du football, qui ne sont jamais plus à l’aise que dans l’axe. Un rôle reservé hier à Angel Di Maria.

Di Maria ou Pastore- Blanc doit assumer sa verticalité

Quand Pastore peut déstabiliser un bloc au complet par une passe, Di Maria peut mettre à genou n’importe quel défense balle au pied. Feintes de corps, dribbles courts, changements de rythme, tout y est passé (Merci de respecter une minute de silence devant votre écran en hommage aux chevilles d’Isco). Angel a réalisé plus de dribbles (8) que l’équipe de Madrid au complet (5), délivré un caviar à Cavani, en plus d’un coup france sur la barre. C’est la meilleure prestation de DiMaria avec le PSG, et elle est sûrement due au fait qu’il ne soit pas resté figé dans son couloir gauche.

Di_Maria

On peut penser que ce positionnement était un choix tactique de Blanc vu que Paris avait fini la saison dernière dans le même dispositif avec Javier en 10. A moins qu’Angel ait dézoné tout le match hors consignes…

L’apport d’un joueur hyper-créatif de ce genre permet rendre le jeu du PSG beaucoup plus direct. Si nous avons eu moins de possession qu’en championnat (59% vs 63%), l’équipe a joué à un rythme beaucoup plus rapide (même nombre de passes avec moins de temps de possession- 700) et s’est crée autant de situations dangereuses (11) qu’à l’accoutumée. C’est d’autant plus efficace que l’on parle de la défense du Real Madrid et pas de celle de Saint-Étienne.

Si Laurent Blanc semble maitriser ce schéma, on peut se demander pourquoi il n’est pas mis en place plus souvent. Enfin, la qualité de percussion de DiMaria est telle que l’on aimerait le voir plus souvent dans l’axe. C’est dans un poste plus axial et plus libre qu’il avait brillé pour ce même Real Madrid, bien qu’étant plus reculé. Enfin, voir Pastore et Di Maria associés derrière deux attaquants me ferait tout simplement rêver. Je ne pense pas être le seul.

Le bloc plus haut

Une autre chose que l’on n’avait pas vue depuis quelques temps était la présence d’un bloc équipe regroupé pendant 90 minutes et qui a joué très haut sur le terrain.

Offensivement, on a senti la ligne de milieux beaucoup plus haute qu’à l’accoutumée. Motta a orchestré le jeu jusqu’au 30 mètres adverses, et Rabiot et Matuidi ont effectué la majeure partie de leurs touches de balle entre le milieu de terrain et la surface adverse. Au delà d’apporter le danger plus proche du but Madrilène, cela permet aussi de presser plus vite le porteur dès la perte de balle. Au final, les parisiens ont interceptés 19 ballons, tandis que le Real en a perdu 14, principalement en première période lorsqu’ils ont allongé le jeu pour sortir du haut pressing constant parisien.

T_Silva

Défensivement, et c’est là une des principales choses à noter, David Luiz et Thiago Silva ont joué très, très haut hier, effectuant la moitié de leurs 6 interceptions dans le camp adverse. Leur pression dans les pieds des attaquants ont considérablement gêné les sorties de balles du Real et limités leurs opportunités de contre, tant redoutées. C’est principalement en fin de match, avec des jambes plus lourdes que l’on a pu voir les madrilènes sortir plus facilement de leur camp, souvent en situation d’égalité numérique mal exploitée.

Article rédigé par Franky Sharp.

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