K.Trapp : « Je suis solide dans ma tête »

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Kevin Trapp gardien du PSG

Dans une interview accordée au Parisien, le gardien Allemand Kevin Trapp s’est livré.

D’où vient votre vocation de gardien de but ?

« J’ai commencé attaquant et, franchement, je n’étais pas terrible. Je trouvais qu’il fallait trop courir, ce n’était pas pour moi. Quand j’avais 7 ans, notre gardien a été blessé, et j’ai eu la possibilité de prendre sa place. J’y suis resté. »

Aviez-vous une idole, à l’époque ?

« Oui. C’était Oliver Kahn, le capitaine du Bayern Munich et de la sélection allemande. J’aimais son caractère, son style de jeu. Je voulais être comme lui. Aujourd’hui, j’ai encore des modèles comme Neuer, l’actuel gardien de la Mannschaft, qui a beaucoup changé le regard des gens sur le poste de gardien. Il a mis la barre très haut. Par son jeu au pied, il est comme un 11 e joueur de champ. Je regarde aussi Iker Casillas et Gianluigi Buffon. »

Pourquoi les gardiens allemands semblent-ils incarner l’avenir du poste ?

« Jouer au pied, participer au jeu, on l’apprend désormais dès notre formation. C’est devenu plus important de jouer haut, de sortir, de prendre des risques. Quand Neuer a commencé à évoluer comme ça, cela a été une révolution. Depuis, tout le monde a changé sa façon de jouer. »

Aviez-vous reçu d’autres propositions cet été avant de signer à Paris ?

« Oui, j’avais trois autres propositions. Mais le PSG fait aujourd’hui partie des cinq plus grands clubs du monde, et il a rapidement été clair que je voulais venir à Paris. »

Vos débuts ont été marqués par deux grosses erreurs, contre Bordeaux (2-2) et le Real (0-1). Les avez-vous digérées ?

« Les gardiens, comme tous les joueurs, font des erreurs. J’en ai fait contre Bordeaux, et ça se termine avec un nul. Au Real, on se procure beaucoup d’occasions et on perd à cause de moi. Cela ne doit pas arriver. J’étais en colère contre moi-même. Je veux toujours m’améliorer, je ne suis presque jamais satisfait, j’analyse toutes les situations avec le staff, y compris les buts encaissés, parce que je veux savoir comment progresser. Je suis solide dans ma tête. Des erreurs, ça arrivera toujours. Ça m’arrivera encore, même si j’espère que non (sourire). »

Vous avez reçu un soutien fort de Laurent Blanc, qui vous renouvelle sans cesse sa confiance. Cela vous touche-t-il ?

« Il n’a pas besoin de me parler pour que je sache ce que j’ai fait de mauvais. On a discuté un peu après Bordeaux et après le Real, il ne m’a rien dit. Mais c’est bien qu’il prononce ces mots en public. Ça me fait du bien, et je veux montrer que je suis digne de confiance. »

Votre relation avec Salvatore Sirigu semble compliquée…

« (Il coupe.) Pourquoi dites-vous cela ? Qu’est-ce qui vous fait penser que c’est compliqué ? »

Avant les matchs, par exemple, Sirigu ne participe pas à votre échauffement comme le faisait Nicolas Douchez quand il était n° 2 par exemple…

« Entre nous deux, nous trois, même, il n’y a pas de problème. Il y a de la concurrence, mais c’est normal, il y en a partout. Salvatore est un bon mec, Nico est un bon mec. Je peux l’affirmer. On travaille ensemble, on a une bonne relation, sinon ce serait compliqué. On veut tous jouer, et c’est normal. C’est un poste particulier, mais il n’y a aucun problème. »

Votre intégration a-t-elle été facile ?

« Honnêtement oui, car tout le monde a bon caractère. Il y a eu la barrière de la langue au début, il a fallu que j’apprenne le français, mais ça va mieux. Je ne parle pas couramment, mais je peux tenir une conversation. »
Quel bilan tirez-vous de cette première partie de saison du PSG ?

« On a déjà 45 points et on est qualifiés pour les 8 es de finale de la Ligue des champions, même si on termine deuxièmes de notre groupe. La défaite au Real Madrid est un point négatif. Globalement, c’est pas mal. Mais ce n’est que le début. On veut remporter la L 1, aller le plus loin possible en Ligue des champions. Pour cela, on a beaucoup de choses à améliorer. »

Est-ce trop facile pour le PSG, en L 1 ?

« On ne peut pas dire ça. Toutes les équipes défendent bien contre nous car c’est le match de l’année pour elles. On veut être champions, mais le grand objectif est la Ligue des champions. Si tu n’es pas concentré, si tu ne joues pas bien en L 1, ce sera difficile au niveau européen. Ces matchs de championnat doivent nous permettre de nous préparer. »

Est-ce que la défaite contre le Real peut être un mal pour un bien avant les rendez-vous décisifs du printemps ?
« Cette défaite est paradoxale car on réalise vraiment une de nos meilleures prestations de la saison. Mais si on veut gagner cette compétition, il faut être capable de s’imposer contre n’importe quelle équipe. Et on sera prêts. »

Le 13 novembre, vous étiez avec l’équipe d’Allemagne au Stade de France au moment où ont eu lieu les attentats autour de l’enceinte et à Paris. Comment avez-vous vécu cette soirée ?

« Nous avions déjà dû évacuer notre hôtel dans la matinée en raison d’une alerte à la bombe. Pour nous, ce n’était rien, on en a presque rigolé. Pendant le match, quand on a entendu les explosions, nous avons pensé que c’étaient des pétards. Là encore, cela nous avait fait sourire. C’est en entrant au vestiaire qu’on a découvert ce qu’il se passait, à la télé. Oliver Bierhoff (NDLR : le manageur de la sélection allemande) nous a dit que c’était très grave, qu’on ne savait pas encore ce qu’on devait faire. On a voulu d’abord rentrer à l’hôtel avec notre bus, mais on ne savait pas si c’était dangereux, si nous pouvions aussi être une cible. Finalement, on est restés toute la nuit dans le vestiaire avant de partir pour Francfort le matin. »

Dans quel état d’esprit étiez-vous ?

« Ce sont des moments horribles. Quand je suis rentré à Paris, j’avais une sensation bizarre. Je pensais sans cesse aux événements. Est-ce que cela va arriver de nouveau ? Est-ce que je peux aller au restaurant, me promener ? J’avais des journées normales, je m’entraînais, mais quand je rentrais à la maison, toutes les chaînes de télévision ne parlaient que de ça en permanence. J’ai coupé la télé pour ne pas devenir fou, je ne pouvais plus regarder, cela m’obnubilait. Je ne pensais plus qu’à ça, et il fallait que je fasse autre chose pour me changer les idées. »

En avez-vous parlé avec les autres joueurs parisiens ?

« C’étaient des moments vraiment très particuliers. Certains avaient des proches qui étaient touchés directement. On ne savait pas quoi faire, s’il fallait avoir peur. Les terroristes n’ont pas tué des cibles particulières, ils ont assassiné des gens qui auraient pu être n’importe qui, des gens qui étaient à un concert où j’aurais pu aller. »

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