Old School Panini : l’interview exclusive

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AllPaname vous propose la rencontre avec Alex Bourouf, supporter de l’OL et surtout créateur du blog Old School Panini. Un site fantastique et mondialement reconnu, qui raconte aux travers de brillants articles illustrés par les fameuses vignettes, les grandes histoires et saga du foot des années 80 et 90.

Bonjour Alex. On a l’habitude de commencer ces interviews en plongeant dans les racines de l’enfance. Comment t’es donc venue la passion pour l’OL ?

Je suis arrivé à Lyon en 1991 à l’âge de 14 ans. Mon père avait débarqué avant nous pour son taf et donc je l’avais rejoint pendant les vacances scolaires de pâques, il m’avait emmené avec un de ses collègues à Gerland pour aller voir un OL-Caen de la fin de saison 1990-91. L’OL entamait seulement sa seconde saison en division 1 de l’ère Aulas et se lançait dans un sprint à la qualification européenne. L’OL gagnera ce soir-là 3-2 avec un doublé de Roberto Cabanas et moi j’avais choppé le virus. Ensuite je suis retourné dans le Maine et Loire ou j’habitais encore pour quelques mois et je suivais au transistor cette fin de saison pleine de suspens et avec un méga happy-end, car la famille déménageait définitivement pendant cet été 1991 et je savais qu’à la rentrée je verrais l’OL en coupe d’Europe. La suite, c’est ce fameux collègue de mon père avec qui j’avais été voir ce premier match, qui va me donner pour toute la saison deux abonnements en virage nord. Du coup, moi qui ne connaissais personne à Lyon, je pouvais aller à chaque match et, à chaque fois, inviter un de mes nouveaux potes du lycée. C’est le genre de truc qui facilite l’intégration dans une nouvelle ville mais bon, c’était une autre époque où le stade avait du mal à se remplir. Je me souviens de ce virage nord, ancienne version, où les parents à la mi-temps sortaient le canif pour préparer le sandwich au jambon ou à la rosette, ça ouvrait des bouteilles de rouge en verre un peu de partout et même une fois, les Bad Gones qui avaient trop froid, avaient cramé des cageots en bas du virage pour se réchauffer. On parle d’un autre temps !

Quels sont aujourd’hui encore tes joueurs fétiches ? Ceux qui t’ont fait vibrer ?

Bien sûr j’ai toujours une affection plus particulière pour les joueurs qui sont sortis du centre de formation. Pour les gens qui habitent à Lyon, c’est une grande fierté de voir autant de joueurs issus des mêmes quartiers, percer au plus haut niveau. C’est l’un des facteurs majeurs de la très forte identité de l’OL à Lyon et de ses environs. Donc ça va être difficile de sortir un lot de joueurs car en 25 saisons il y en a eu un paquet, après il y a eu une exception nommée Franck Gava. J’ai vraiment adoré ce joueur et pourtant il venait de Nancy mais lui il est arrivé trop tôt à l’OL. J’aurais aimé le voir avec les Sonny Anderson ou autre Juninho. Donc tu vois les joueurs qui ressortent, ce sont les mêmes que citent tous les supporters de l’OL auxquels il faut ajouter Cavéglia ou encore Olmeta. Et pour le reste, à chaque génération, Gerland a eu ses chouchous qui sortaient de Tola Vologe, Rémi Garde, Génésio, Flo Maurice, Giuly, Malbranque, Benzema etc… Et aujourd’hui cette formidable génération des Lacazette, Grenier, Fekir, Umtiti, Lopes et Gonalons. Je ne fais pas exception à la règle.

Un homme est étroitement associé à Lyon et sa réussite. Depuis la D2 jusqu’au sommet de la L1. Il s’agit, bien entendu, de Jean Michel Aulas. Qu’est ce qu’il t’inspire dans une large mesure ?

Ce qu’il a fait pour le club est incommensurable. Quand il a prit les rênes du club en 1987, tout le monde se foutait de sa gueule, car pour sa première saison (1987-88) il avait floqué sur le maillot de l’OL «  Lyon Ville Européenne » alors que le club végétait en D2 depuis 4 saisons et n’arrivait pas à passer ces maudits barrages. Et 28 années plus tard, il a fait de Lyon, le club français qui a disputé le plus de matchs de coupe d’Europe depuis la création des compétitions européennes. Ensuite il y a le personnage médiatique qui irrite globalement toute la France du ballon rond. Mais c’est un truc que perso j’adore. Chaque sortie est calculée et en tant que bon chef d’entreprise il ne pense qu’à protéger sa boîte et ses joueurs. Et à chaque fois les médias tombent dans le panneau et ça fait 28 ans que ça dure. Il est vraiment très fort. En plus là il a trouvé un nouveau joujou qui s’appelle Twitter, et on ne peut plus l’arrêter. Mais pour moi ça reste des anecdotes et de la communication, le vrai bilan de son action de président se juge sur ses résultats et là, le nouveau stade est également un grand coup réalisé. Car il y a eu une très forte opposition sur ce projet mais au final, c’est tout de même lui qui a imposé sa façon de faire et toujours en défendant les intérêts de son club.

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Comment juges-tu les performances actuelles de Lyon, que ce soit en championnat et en C1 ?

Bon, on va attaquer un sujet qui fâche. Au-delà des résultats c’est l’attitude qui est choquante. Les trois derniers matchs à Gerland face à Genk, Montpellier et Angers sont un manque total de respect pour les gens qui viennent, dans le froid, payer leurs places pour assister à des non-matchs.

Comment expliques-tu les difficultés rencontrées ces derniers temps ? Le recrutement est-il raté ? Y a-t-il, comme on a pu le lire, une rupture avancée avec l’entraineur ? L’absence de Fekir est-elle a ce point préjudiciable ?

Je pense que la cassure n’est plus contestable. L’entraineur a provoqué un phénomène qu’il ne peut plus contrôler aujourd’hui en s’en prenant ouvertement (et très maladroitement selon moi) cet été à Alexandre Lacazette, un des leaders naturels du groupe. Ce groupe de leaders naturels qui a émergé lors de la saison 2012-13 quand le club entamait très, très mal ce nouvel exercice, a, je pense, prit causes et faits pour son attaquant vedette dans un mouvement de solidarité qui peut se comprendre mais qui est finalement destructeur pour l’équipe. Ainsi il y a véritablement deux clans dans ce groupe et les anciens (qui pourtant ne sont pas très vieux) ne croient plus en la méthode Fournier. Ce sont les Lacazette, Umtiti, Gonalons, Lopes, Tolisso ou Grenier, et ils ne se cachent plus pour dénoncer la source des problèmes actuels, à savoir l’entraîneur et son manque de travail tactique.

Quelles sont les forces actuelles de votre effectif ?

Comme toujours, la formation. Avec ce noyau de joueurs qui aujourd’hui évoluent depuis plusieurs saisons ensemble, ils ont pu faire une saison incroyable l’année dernière. Avec le retour de Fekir et Grenier il va y avoir un très haut niveau de technicité dans les rangs lyonnais mais, on a vu le revers de la médaille de ce groupe très soudé (voir capricieux), il n’est effectivement pas aisé à manager.

Pendant presque une décennie entière Lyon a dominé sans partage la L1. Avec le recul, qu’est-ce qui vous a empêché d’aller plus haut en Europe ?

Pas grand-chose, comme pour le PSG ces dernières saisons. En 2005 et 2006 ça se joue sur des détails face au PSV ou Milan. Mais à cette époque l’OL pouvait battre n’importe quelle équipe et faisait peur à tout le monde. Bien sûr tous les supporters diront que si Sonny Anderson avait eu quelques années de moins ou si Karim Benzema eût été plus vieux de 2-3 ans…cela aurait pu le faire. Mais ces des conneries tout ça, la vérité c’est qu’il y avait péno sur Nilmar !

Aujourd’hui Gerland vit ses derniers instants. Quel est le meilleur souvenir qui te vient à l’esprit concernant ce stade?

Sans aucun doute, ni ambiguïté, le moment le plus fort a été le 4 mai 2002, quand Lyon a remporté « la finale » du championnat de France pour la première fois de son histoire. Pour nous tous, supporters de la première heure, qui avons connus les soirées d’hiver à se chauffer avec des cageots pour voir des 0-0 face à Martigues dans un stade quasi désert sans parler de ceux qui ont connus la D2 et les déplacements à Louhans Cuiseaux… et bien ce match, ça été notre Graal. Au coup de sifflet final, on était enfin champions et tous, on a mesuré le chemin parcouru et tout le plaisir qu’on a eu à voir cet OL grandir petit à petit. Et pour vivre un tel scénario, ça valait le coup d’attendre.

Quel est le match mythique qui, pour toi, s’est déroulé à Gerland ? Avec ou sans Lyon… (J’en ai un en tête… il n y avait aucune équipe française et on a alors assisté à une démonstration de football… D’une équipe surtout ^^)

Tu parles de Kiev en 86 mais non pour moi le match de 2002 face à Lens est au-dessus mais trop d’émotions pour être objectif. Après mon souvenir le plus fort à Gerland (hors OL) n’est pas lié à un match mais à un but. Lors du tournoi de France, j’étais juste derrière le but de Barthez sur le mythique coup-franc de Roberto Carlos et on a vu le ballon d’un coup changé de trajectoire. Un truc de fou, on pensait qu’il allait arriver sur nous et hop, comme téléguidé, il a plongé dans le but. C’était comme si on assistait en live à un épisode d’Olive et Tom.

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Des Janvier le stade des Lumières va devenir votre nouvel écrin. Jean-Michel Aulas semble compter dessus pour développer le futur du club. Partages-tu cette opinion ? Quels avantages va-t-il donner à l’OL ?

Le président cite toujours l’exemple de la Juventus et c’est une très belle référence mais c’est un club qui ne joue pas dans la même cour que l’OL donc il est périlleux de faire cet exercice. Même si j’ai beaucoup de regrets de voir l’OL quitter Gerland et donc Lyon, pour s’installer en banlieue, cela va être un stade et un site fantastique. Je le connais bien car mon bureau d’études à participer à une partie de la conception, ça c’est ma petite fierté de parler de mon vrai job. Après, il va falloir remplir ce stade et si on regarde les derniers matchs ce n’est pas gagné. Par contre je trouve que la politique d’avoir gardé cette jeune génération très talentueuse des Lacazette, Fekir, Tolisso, Umtiti, Lopes, Gonalons ou Grenier est une très bonne stratégie. Car sportivement on a vu que c’était très compétitif la saison dernière et plus que jamais, c’est très identifiant pour les supporters, non seulement de conserver ses joueurs mais en plus des joueurs qui ont grandi à Lyon ou ses environs. Donc si l’équipe retrouve un peu de stabilité et qu’elle évolue dans cette superbe enceinte remplie à chaque match, l’OL continuera d’être dans le haut du panier du football français.

Comment tu vois-tu les PSG – Lyon habituellement ?

Travaillant sur Paris depuis 2005 (hormis en 2013 et 2014 où j’ai fait un retour sur Lyon) c’est le seul match (à quelques exceptions européennes) de l’année que je vais voir au Parc et je n’en manque pas un. C’est toujours un bon moment car c’est un stade que j’aime beaucoup, lié à mes premiers souvenirs footballistiques quand mon oncle m’emmenait voir l’équipe de France dans les années 80. Bon il était un peu maso car lui était supporter du Matra Racing à l’époque et il m’a aussi emmené les voir. Moi j’étais content, habitant pas loin d’Angers, j’étais plus enthousiaste à me déplacer pour aller au Parc voir les Francescoli ou autre Littbarski plutôt que d’aller à Jean Bouin voir le SCO allongé sur une butte en herbe.

Quelle rencontre, entre les deux clubs, te vient tout de suite à l’esprit ?

La finale de la coupe de France 2008. Ce soir-là Lyon avait fait un hold-up alors que le club venait de remporter son septième titre d’affilée tandis que le PSG venait d’éviter la relégation in extremis lors de la dernière journée et un déplacement à Sochaux qui a fait mouiller les couches à bon nombres d’amis supporters du PSG. Sur le papier Lyon était le grand favori mais sur le terrain c’est Paris qui avait dominé les débats, mais dominer n’est pas gagner. Je me souviens aussi de l’après match parce que ça avait chauffé autour du stade. C’est aussi un souvenir des Lyon/PSG ou des PSG/Lyon c’est que ça toujours été très chaud avec pas mal de bagarres en dehors du stade avant et après les matchs. Avant il fallait faire très attention quand on venait au Parc en tant que supporter adverse, dans le métro avant ou après, victoire ou défaite, tu cachais tes couleurs car tu pouvais tomber sur des gars pas très fut-fut. C’est ce qui m’a marqué chez les supporters parisiens et là je ne vais pas me faire que des potes, c’est leur manque de culture footballistique. Avant l’époque des Qataris, t’avais des imbéciles qui cherchaient à casser du supporter adverse voir, du supporter de son propre camp du moment qu’il avait une écharpe des Tigris si lui en avait une de Boulogne. Depuis les Qataris cela a changé, mais les gens que tu côtoies au stade ne s’y connaissent pas plus. Après je ne fais pas de généralités et j’ai rencontré des supporters parisiens qui connaissaient l’histoire de leur club mais ils sont loin d’être majoritaires. Comme j’aime bien me moquer, il me vient à l’esprit, l’anecdote de mon dernier PSG/OL. La saison dernière j’étais en tribune Francis Borelli, assis à côté de trois supporters parisiens qui ont été surpris que je sois à la fois supporter de l’OL et à la fois présent au Parc. Mais la discussion était assez extraordinaire car ils ne comprenaient pas pourquoi je supportais l’OL alors qu’au PSG, il y avait tant de grands joueurs et tant de spectacle. Bon après j’ai vite compris à qui j’avais à faire quand ils m’ont demandé où était Zlatan sur le terrain, il est vrai que c’était la première fois de leurs vies qu’ils mettaient les pieds au stade comme ils me le confesseront plus tard.

Bon je me moque des supporters du PSG car c’est facile, soit avant c’était un hooligan, soit aujourd’hui c’est un footix inculte de football. C’est très caricatural et travaillant depuis plus de 10 ans sur Paris, je sais que ce n’est pas vrai et j’ai bon nombre de potes supporters du PSG qui ne rentrent dans aucune de ces deux catégories.

Comment juges-tu aujourd’hui l’équipe du PSG ?

Cela fait un moment que je ne les ai pas regardé. Ils sont tellement au-dessus que finalement je ne regarde que la ligue des champions. L’année dernière j’avais eu la chance d’être au Parc pour le quart face au Barça mais l’écart était trop grand entre les deux équipes. Mais je pense que cette élimination a du faire mûrir le groupe, d’ailleurs ils sont intouchables depuis. J’ai hâte de voir ce qu’ils vont pouvoir faire au printemps prochain. Finalement c’est là que leur saison va vraiment commencer.

Y a-t-il un joueur que tu apprécies particulièrement ?

En Italie j’aimais beaucoup Lavezzi et Cavani mais je les trouve trop souvent décevants depuis qu’ils sont à Paris. Aujourd’hui c’est Marco Verratti que j‘aime voir jouer et Pastore quand il est inspiré.

Raymond DOMENECH Panini Olympique Lyonnais - PSG

Beaucoup d’ancien joueurs Lyonnais sont venus faire carrière (ou s’échouer) au Paris Saint-Germain. A ce titre, on rappellera que c’est ancien gone qui marque le but de la victoire en Coupe des Coupes dans une équipe entrainée par un certain Luis Fernandez et dirigée par Youri Djorkaeff, eux même enfants Lyonnais. Quel est justement pour toi le meilleur Lyonnais parti au PSG ?

Pour moi ce ne fût pas N’Gotty ou Flo Maurice mais Franck Gava. Après il a eu ses problèmes physiques mais son début de saison au PSG, était très, très fort. Paris était en tête du championnat et dominait tous ses matchs et puis il a eu ses pépins, il n’a plus joué et Paris a connu sa crise de novembre…Sinon Luis et Djorkaeff ce sont les deux lyonnais (banlieusards pour être précis, Venissieux et Décines respectivement) qui ont le plus marqué l’histoire du PSG (en attendant Lacazette ?) mais ils n’ont jamais joué à l’OL. Ils sont assez rares les lyonnais qui n’ont pas réussi à s’imposer à l’OL. Luis Fernandez avait été barré aux sélections, Djorkaeff avait percé à Grenoble… aujourd’hui il y a Antoine Griezmann qui rejoint le clan très fermé des internationaux français qui n’ont pas réussis à intégrer le centre de formation de l’OL et lui aussi est peut être aussi un futur joueur du PSG ?

Luis FERNANDEZ Panini PSG 1983 ngotty

Pour Lacazette on va attendre qu’il confirme je pense ! Sinon, pour en revenir au sujet, tu as publié à ce titre un article très intéressant sur ton site, Old School Panini sur les mouvements des joueurs et entraineurs qui sont passés par les deux clubs …

On remarque que le trajet se fait plutôt de la capitale des Gaules vers la capitale. Après c’est un peu normal avec un club qui est plutôt un club formateur ou chercheur de talents (jusqu’à la fin des années 90 et avant l’arrivée du groupe Pathé au capital) et un autre qui est un club qui a toujours été sous les feux des projecteurs et qui a toujours cherché à recruter ce qui se faisait de mieux en France. Je vais reparler de Franck Gava mais c’est un exemple typique des années 90. Lyon va le chercher à Nancy alors que c’est un espoir confirmé, il devient international à Lyon (lors de sa meilleure saison à Lyon en 1994-95 où l’OL fini deuxième devant le PSG) et c’est une fois qu’il a ce statut d’international que le PSG version Canal va s’intéresser à lui. Idem pour N’Gotty ou Flo Maurice. Après l’arrivée de Pathé, l’OL va devenir également un club cherchant à acquérir les meilleurs joueurs du championnat mais comme le PSG continue cette politique, les deux clubs s’affrontent (Pauleta, Vairelles…) mais font très peu d’échanges.

Par contre cela risque de changer ces prochaines saisons, le PSG peut chercher à recruter des espoirs confirmés (Lacazette, Fékir, Umtiti) et en échange transférer des joueurs en manque de temps de jeu. A voir dans les prochains mois.

Cette interview est également l’occasion d’évoquer nos souvenirs d’enfance. Le football des années 80 nous l’avons vécu toi et moi au travers de ces albums panini. Ils étaient l’un des rares vecteurs d’imagerie de joueurs et d’équipes à une époque où les médias étaient nettement moins présents qu’aujourd’hui. Peux-tu nous raconter ce que cela évoque pour toi ?

C’est marrant mais finalement je ne suis pas très footichiste avec mes images Panini. Je sais que le fait de faire Old School Panini depuis des années est contradictoire mais plus jeune je n’étais pas un fondu des images Panini. J’ai fait les albums comme tous les copains de l’école mais sans plus, mon truc c’était les Onze, Mondial (quand c’était deux magazines séparés) et surtout France Football. Je les lisais et les relisais tous, puis avec mes ciseaux, ma colle je me faisais mes cahiers, mes fiches. Je me servais de mes doubles Panini pour faire mes montages en collant des images découpées dessus et avoir des stickers personnalisés que je collais sur mes cahiers. Je faisais déjà du OSP sans ordinateur.

Quel fût ton premier album ? Quel est celui qui compte le plus pour toi ?

Le premier c’est 1984-85 mais celui qui a le plus compté c’est sans aucun doute le Mexico 86. On pensait tous qu’on allait la gagner cette coupe du monde, alors on était tous 100% foot et 100% Platini. Tout le monde à l’école, au club de foot même mes cousins plus grands, le faisait cet album. Du coup c’est le premier et le seul que j’ai complété étant enfant. Mais bon tout le monde avait tout en double.

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Comment t’es venue l’idée de faire un site sur le football à travers le prisme des vignettes panini ?

Cela part d’un forum privé et très restreint avec mes potes lyonnais depuis toujours. Malgré les années, les responsabilités, on prend tous les jours le temps d’au moins venir saluer les autres et bien sûr on parle football. Et puis un jour je retrouve sur le net le premier album du championnat français de 1975-76. Alors je sélectionne celles qui me font vraiment marrer et je les envoie avec des commentaires. Et puis comme ça fait marrer aussi les potes, j’envoie les mêmes images avec les mêmes commentaires aux collègues puis aux potes avec qui je joue au foot sur Paname. Du coup au lieu de faire chaque fois plusieurs envois sous forme de mails, je crée le blog en 2010 sans rien connaitre à la façon de faire un site web, le but c’est juste de faire marrer les copains. Donc au départ y’a que 25 visiteurs. Et puis après y’a les réseaux sociaux qui arrivent et qui partagent tout ça. Après tu maîtrises plus grand-chose mais c’est cool. Aujourd’hui OSP vit surtout sur Twitter car c’est le média qui s’y prête le mieux et voir qu’il y a plus de 100 000 personnes qui suivent les tribulations de Trifon et compagnie ça me fait dire que si au départ tu fais ça pour partager ces petites perles et faire marrer les gens, t’as plutôt réussi ton coup.

Tu effectues un véritable travail de Titan. Combien de temps prend la confection d’un article ? (Recherches, photos, rédaction)  

Le travail de Titan c’est fini. En gros depuis avril 2014, OSP c’est surtout sur les réseaux sociaux (Twitter et Facebook). Ces médias se prêtent bien et je fais des articles aujourd’hui quand je n’arrive pas à condenser ce que je veux dire autour d’une vignette en 140 caractères (format Twitter). Mais ces derniers temps même ça, je n’arrive plus à trouver le temps de le faire. Car pour faire un sujet, je prenais le temps de vérifier toutes mes sources, de revoir parfois des matchs en entier, alors si j’essayais de faire un article par jour, il fallait compter une à deux heures en moyenne mais certains sujets peuvent prendre plusieurs jours ou bien même être étalés sur plusieurs mois. Je pense par exemple à l’article sur la véritable histoire entre Battiston et Schumacher (http://www.oldschoolpanini.com/2013/07/toute-la-verite-sur-schumacher-et.html) ou encore l’affaire OM-Va racontée en Panini (http://www.oldschoolpanini.com/2011/10/laffaire-om-va-racontee-en-panini.html). Il y a eu tellement de choses dites sur ces deux histoires, que pour moi il fallait trouver des angles un peu nouveau et surtout être le plus exhaustif possible, pour ne rien oublier et que chacun puisse faire son jugement en ayant connaissance du maximum d’éléments. Du coup ça nécessite un gros travail de bibliothèque et pour ce faire, j’ai non seulement une bibliothèque remplie de bouquins de foot des années 70 aux années 80 (tous les volumes de l’année du Football, tous les livres d’or etc…) mais aussi grâce à mon ami Johann Le Roux (le biographe de Drago Vabec) j’ai tous les France Football scanné sur mon ordi de 1978 à 2002. C’est grâce à cette grande base documentaire que j’ai pu faire des articles qui retracent certaines vérités oubliées comme, quel est le premier joueur à importer la roulette à la Zidane en France ? (Un argentin José Farias dans les années 60 : http://www.oldschoolpanini.com/2011/10/jose-farias-linventeur-de-la-roulette.html) et que cette roulette est différente de celle du regretté Yves Mariot (http://www.oldschoolpanini.com/2013/12/la-roulette-de-mariot-et-la-roulette-de.html).

J’aime bien parler de ces deux sujets car ils sont souvent repris par grands nombres de médias quand un joueur reproduit ces gestes et notamment par Vincent Duluc et l’Equipe.

Après j’ai aussi ma base de données d’albums Panini du monde entier. J’ai plus de 500 albums numérisés sur mon ordi (je n’ai même pas pris le temps de compter le nombre exact) et ça aussi ça me prenait énormément de temps mais si j’ai tous bien classé pour retrouver le plus rapidement possible un joueur et pouvoir twitter l’image qui va bien quand je commente un match en direct sur les réseaux sociaux. Et puis ça me permet de découvrir des choses intéressantes comme prouver que Radamel Falcao a sûrement menti sur son âge car grâce aux albums Panini, les explications ici : http://www.oldschoolpanini.com/2015/10/how-old-is-radamel-falcao.html

L’article est en anglais car c’était en réponse à des questions posées sur un forum anglophone et aujourd’hui comme OSP est suivi dans le monde entier, on me demande beaucoup de traduire les sujets en anglais. Ce sujet sur Radamel Falcao avait été consulté plus de 100 000 fois dans la journée et majoritairement aux Etats-Unis où il avait été relayé par de nombreux sites.

Mais bon comme je disais, je n’ai plus le temps de faire ça, j’ai désormais 3 enfants et les deux derniers sont très jeunes et côté boulot si j’ai quitté Lyon en 2014, c’est pour prendre la direction d’un bureau d’études (dans les travaux publics) qui tournent à plein régime donc OSP passe après tout ça. En plus j’ai le sentiment d’avoir fait le tour et de l’avoir bien fait. Aujourd’hui j’essaye de maintenir une activité sur les réseaux sociaux car ça m’amuse et surtout j’ai un dernier grand projet à lancer. J’ai commencé à le faire en 2012 mais depuis un an je n’y ai plus touché mais c’est du très, très lourd. Cela regroupe une quantité incroyable d’albums du monde entier des années 70 et 80. C’est mon dernier challenge et je ne sais pas sous quelle forme le sortir. J’aimerais bien que ce soit un bouquin mais va falloir que je me dégage du temps ou que je me fasse aider.

Dernière question ! La paninomorpholgie complète de Zlatan, tu y songes ?

Oui bien sûr mais je vais attendre qu’il soit Old School 😉

RE

Merci en tout cas pour ce temps accordé. Je me permets également de mettre quelques liens très intéressants sur OSP concernant le PSG et les petites histoires du foot qui tournent autour.

40 ans de PSG Lyon en Panini

http://www.oldschoolpanini.com/2011/10/40-ans-de-psg-lyon-en-panini.html

Ils ont joués à l’OL et au PSG

http://www.oldschoolpanini.com/2011/09/ils-ont-joues-lol-et-au-psg.html

Les carnets secrets du Barça sur le PSG

http://www.oldschoolpanini.com/2013/04/les-carnets-secrets-du-barca-sur-le-psg.html

Les 24 brésiliens de l’histoire du PSG en Panini

http://www.oldschoolpanini.com/2012/01/les-24-bresiliens-de-lhistoire-du-psg.html

Le jour où Cruyff joua avec le PSG

http://www.oldschoolpanini.com/2011/10/le-jour-ou-cruyff-joua-avec-le-psg.html

Le premier buteur du PSG en coupe d’Europe

http://www.oldschoolpanini.com/2014/04/le-premier-buteur-du-psg-en-coupe.html

Jean-Michel LARQUÉ – Entraineur du PSG

http://www.oldschoolpanini.com/2010/08/jean-michel-larque-entraineur-du-psg.html

 

 

 

 

 

 

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