Les vieilles habitudes

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Soyons franc, cet édito j’aurais pu le préparer à l’avance, comme on prépare une rubrique nécro d’une vieille vedette ringarde. Et en y regardant bien tous les ingrédients étaient réunis pour.

Un club has been qui n’en finit plus de couler. Qui regarde son passé comme un vieux costume pailleté des soirs d’autrefois. Une bande annonce de Canal+, aussi mièvre qu’un soap pour la ménagère de moins de cinquante ans, son cul vissé devant la téloche achetée à crédit. Les vieilles victoires déterrées par la même chaine, pour ses gros abonnés supporters du club, histoire de donner un semblant d’espoirs aux fervents admirateurs de la teamsurvet, en jouant sur la corde la nostalgie, puisque le présent et l’avenir est entre nos mains et que leur passé est aux mains de la justice.

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Pareillement, la veille les articles «  Et si c’était l’OM » étaient de sortie. Après, Caen, Nice, Lyon, Toulouse, Angers… On fait monter la sauce avec la recette d’une mayonnaise écœurante resservie une énième fois. Les journalistes peu inspirés et en mal de sensation, firent de la bande à Michel un potentiel obstacle se dressant sur la route du rouleau compresseur parisien. Dès fois que le miracle se produise. Dès fois que Rolando devienne un crack après la sieste d’avant match.

On nous reparle alors du peuple marseillais, de l’ambiance surfaite du Vélodrome. Tous ces vieux poncifs qu’on ressort de la valise une fois par an. On trouve des raisons d’y croire. Comme une bonne vieille méthode Coué. Les gloires d’alors y vont de leurs petits commentaires. Les Boli, les Di Meco. Une habitude. Comme de vieilles perruches qu’on sort pour changer le fond de la cage et qui se sentent dans l’obligation de jacasser sans avoir été invitées à le faire.

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Mais on sent également que la peur a changé de camp.

Du côté de Marseille, on craignait l’humiliation, comme l’attestent les banderoles d’avant match. Et ce brouillon de tifo moche, brandi avec des mains qui tremblaient dans un coin de leur virage et dont on avait du mal à savoir de quoi il s’agissait.

Alors, vos prix Nobel pourront brûler nos maillots, caillasser un bus chinois, invectiver les joueurs via Twitter. Rien n’y fait. Les scénarii du classico se répètent inlassablement.

Une victoire comme une évidence, une main dans le slip.

Finalement on passe sur ce match de Marseille sans s’arrêter. Comme un bolide qui ne ralentit pas quand l’auto-stoppeuse du bord de la route est juste un gros vilain boudin bien moche.

Pensez également, messieurs les marseillais à rendre la petite pièce qu’Aulas a misé sur vous, espérant sans doute faire fortune comme on mise sur un tocard. Le président lyonnais en aura surement besoin pour revaloriser le salaire de Lacazette l’été prochain quand il ne trouvera même pas un point de chute dans un club anglais de seconde zone aux cotés de vos vedettes des saisons précédentes.

Les gros matchs on les réserve pour Donestk, Chelsea, le Real. Mais plus pour cet ersatz d’ancien rival tout juste bon à pimenter quelques journées de championnat du diffuseur dominical.

Et aujourd’hui on peut lire que Marseille méritait ceci, Marseille méritait cela. Une chose dont nous sommes sûrs, Marseille ne mérite même plus d’être notre rival, tant l’écart se creuse entre notre équipe de constellations et cette petite équipe de mecs coiffés comme des 4ème Techno qui n’osent même plus l’ouvrir de peur de passer pour des billes.

Sinon ça fait 9. Vous êtes bien gentil mais on n’oublie pas.

9 victoires consécutives. A ce stade ça s’appelle du troll. Ou du talent. Je ne sais même plus il faut bien dire. Nous n’avons même plus d’idées tant cela devient une habitude de gagner le Clasico.

Voilà, merci pour tout le tralala dont vous nous avez habitué et à la prochaine pour la Decima!

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