Adios Senior Emery

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Et l’ère Unaï Emery s’en est allé. Le technicien basque laissera donc sa place la saison prochaine à Thomas Tuchel. Le métier d’entraîneur est ainsi fait. L’un arrive et l’autre part. Si le petit nouveau porte nos espoirs, est-ce que l’ancien était arrivé au bout de nos déceptions ? Emery prenait les commandes en Juillet 2016 pour faire grandir le club et lui donner plus d’âme. Lui le triple vainqueur de la Ligue Europa, venait nous délivrer de Laurent Blanc et de sa tactique stéréotypée, pâle copie du jeu prôné par Guardiola (tiens un autre espagnol). Mais cela ne suffisait pas pour la France du foot riche de titre européen par procuration (sic). Emery n’avait d’ores et déjà pas les épaules pour le PSG aux ambitions 5 étoiles. Qu’est-ce qu’ils en savaient ces anti parisiens?

Que peut-on reprocher au basque ? Si on regarde les choses de façon strictement comptables, c’est moins bien que son prédécesseur. Un titre de champion sur 2 possibles et une régression en Ligue des Champions pour faire le bilan. C’est injuste et très « Qatar baromètre ». Pourtant, il faudrait être aveugle pour ne pas se rendre compte qu’Emery est un jeune entraineur d’une rare qualité avec une sensibilité footballistique comme nous n’en avons que rarement connu sur le banc du Paris Saint Germain.

Si sportivement et en termes d’impact médiatique il sera désormais très difficile au club de faire parler de lui plus qu’il ne l’a fait après les transferts de Berchiche et Diarra (il fallait lire Neymar et MBappé) et la domination sur la France du football qui a suivi, il ne faut pas se tromper dans l’analyse du travail d’Emery. L’ensemble de la première saison du désormais ex-entraineur parisien aura offert peut être aux supporters les émotions les plus fortes depuis le premier titre de l’ère Qatari. Pourquoi ? Parce qu’il fallait gérer l’après Ibrahimovic et qu’il fallait relancer un effectif beaucoup trop dans le confort tout en faisant face à la concurrence féroce de Monaco et de Nice. Oui Paris avait un effectif au-dessus du lot, mais les concurrents lors du premier acte du basque réalisaient une saison exceptionnelle. C’est aussi pour ça que Paris n’a pas été champion. Pas parce qu’il a été mauvais.

Bien entendu c’est en Ligue des champions qu’on attend le PSG et son projet ambitieux. Mais qui concèdera que le Barca et le Real sont les tirages les plus faciles ? La remontada aura surement scellé son sort et l’image que beaucoup retiendront de son passage, mais là encore Emery aura offert à ce PSG moderne l’une de ces plus belles émotions. Pourquoi ? Parce qu’il a été le chef d’orchestre d’un véritable récital sur la pelouse du Parc des Princes face à un adversaire qui se transformait peu à peu en bête noire européenne. Oui, ce soir de Saint Valentin 2017, Paris aura déjoué tous les pronostics qui le donnait perdant face au monstre barcelonais avec en prime, on le rappelle, le baptême du feu européen du jeune Presnel Kimpembe. Emery aura transmis à ses joueurs toute sa science tactique et sa passion du football avant que ces derniers (et quelques faits de jeu extraterrestres) ne l’abandonnent trois semaines plus tard dans ce qui constituera l’une des plus grandes désillusions de l’histoire du club. Une désillusion après avoir tant espéré, parce qu’au commencement de ce huitième de finale, et il faut le rappeler, le PSG n’était pas favori.  Le coach nous aura au moins permis de rêver et d’y croire et c’est à son crédit.

Il aura su aussi piquer certains joueurs (Thiago Silva, Di Maria) au vif afin de leur permettre d’exprimer au mieux leur talent dans un collectif où trop de choses semblaient acquises. Qui au PSG pourra lui reprocher de ne pas avoir eu sa chance ? Personne, pas même Hatem Ben Arfa.

Non le passage d’Emery au PSG n’aura pas été parfait mais cet homme aura tout donné comme en atteste le fait de rendre le Parc des Princes comme une forteresse quasi imprenable ou de perpétuer la tradition de victoires contre l’OM (dont une véritable démonstration humiliante 5-1 au vélodrome) pour ne citer que ces exemples. Son enthousiasme, son timbre de voix tel un coq aveugle sous extasie lors de la remise du trophée de champion de France nous laissent à penser qu’il a pris du plaisir à vivre son premier défi avec un club ayant de grosses ambitions et qu’il souhaite vraiment le meilleur au PSG. Exigence et patience feront partie de ses derniers mots et il se pourrait que cela serve de paratonnerre au travail de Thomas Tuchel à partir de la saison prochaine. En attendant Unaï merci pour ces deux années passées au club et bonne chance pour la suite qui semble se dessiner vers Arsenal. Ça aurait peut-être été l’étape parfaite avant de venir entrainer le club de Neymar mais ça aurait été une autre histoire.

Adios Senior Emery.

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