La France ne mérite pas le PSG

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C’est Ibrahimovic qui l’avait dit au terme d’un match incroyablement médiocre de la part des arbitres. Aujourd’hui c’est sur un autre terrain que le club parisien est bizarrement (injustement) arbitré et selon les diverses sources nous ne sommes pas loin du carton rouge. La France du football elle ne semble pas en mesure de pouvoir passer à la dimension supérieure que cherche à insuffler le club de la capitale.

Dire que la France ne mérite pas le PSG est un raccourci grossier certes mais volontaire. Bien évidemment, la vie ne s’arrête pas au ballon rond et particulièrement sur le territoire français où on se prend pour le football que lorsqu’il est joué sur le territoire ou que les tricolores sont en quart d’une compétition majeure. Il faut cependant se poser la question de l’intérêt défendu par les acteurs du football d’élite du pays.

Depuis plusieurs saisons, Jean Michel Aulas fustige la surpuissance parisienne devant laquelle son petit club de province (on parle de l’Olympique Lyonnais tout de même) peine à exister. Avec beaucoup de recul on peut comprendre la frustration d’un homme que le poids des années commence à écraser et qui regrette les temps d’avant où tous les yeux étaient rivés sur Juninho et Cie. Là où le malaise frappe à la porte, c’est lorsque cette aigreur se transforme en alliance auprès des vrais ennemis de la progression de la Ligue 1. De Javier Tebas à Karl Heinz Rumenigue, ce n’est pas que le PSG qui est visé. Le gratin européen est un glacier que les dinosaures Madrilène, Catalan, Turinois et Munichois ne veulent pas voir fondre. Si Lyon n’aurait rien à gagner à rester dans l’ombre du PSG, il faudra à Jean Michel Aulas beaucoup de persuasion pour convaincre de l’intérêt de jouer les bons soldats au profit des championnats étrangers. Du côté de l’OM, une fois la démagogie autour des valeurs et de la ferveur dissipée, c’est aussi le néant lorsqu’il faut chercher à défendre ses intérêts. Le club phocéen s’est déjà fait épingler par le gendarme de l’UEFA et visiblement le fait d’avoir été cité pour participer théoriquement à une ligue fermée est suffisant pour acheter le silence de toute la Cannebière sur ce qu’il se passe au niveau des instances européennes. La Ligue de Football Professionnelle tousse timidement sur Javier Tebas qui défèque pleines fesses sur le championnat qui lui a volé Neymar. Alors quoi ? Messieurs (et dames), pensez vous que le prochain milliard d’euros de droits TV a été obtenu pour un fantastique Amiens-Angers ?

L’idée n’est pas de crier à l’aide auprès de l’OL, l’OM ni même de la LFP. Mais où est là logique (parlons mêmes de stratégie) des acteurs du football hexagonal ? Qui en Espagne va partir en croisade contre le Real et ses dettes « aménagées » à coup de gestes royaux ? Qui peut reprocher à la Juventus d’avoir su profiter d’un football italien en crise pour asseoir sa domination sportive et économique ? La notion de locomotive n’existe pas en France et si on peut concéder que le PSG bénéficie d’un avantage financier colossal, on regrette que cela n’incite personne à bosser différemment (à bosser bien) afin de devenir par soi-même compétitif. Au lieu de ça, on attend à ce que le salut vienne de l’extérieur (Marseille et surtout Lyon) ou que le vent cesse naturellement de souffler. Rien de glorieux pour la Ligue 1 qui s’illustre dans son incapacité à rester lucide quand sa propre lumière devient trop intense. Laissons les autres gérer à notre place et gardons le silence.

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